Promesse libérale de la hausse du salaire minimum

Une annonce hasardeuse

Montréal, le 6 novembre 2008. – Le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) est à la fois surpris et déçu de la promesse formulée par le Premier ministre d’une hausse de près de 12 % du salaire minimum d’ici 2010. Cette hausse s’ajoute à celle de 6 % entrée en vigueur en mai dernier

« 18,7 % de hausse entre avril 2008 et mai 2010, sans compter celle des charges sociales, c’est une bouchée énorme à digérer pour les détaillants qui risquent fort d’être frappés de plein fouet par le ralentissement économique actuel»
– a déclaré le président directeur-général du CQCD, Me Gaston Lafleur.

À la suite d’une consultation des détaillants, le CQCD a récemment fait part au gouvernement des conséquences négatives engendrées par une hausse trop importante du salaire minimum. En effet, 76 % des commerces affirment avoir déjà dû absorber une baisse de rentabilité depuis la hausse de mai dernier. De plus, plusieurs d’entre eux ont dû aussi hausser le prix des marchandises, diminuer le nombre d’heures offertes à leurs employés ou même réduire le nombre d’emplois dans leur commerce. Les petits détaillants risquent d’être tout particulièrement désavantagés par cette annonce si elle devait se concrétiser.

«Il est hasardeux pour le Premier ministre de faire une telle annonce au moment où l’économie québécoise s’apprête, comme il le dit lui-même, à affronter une tempête dont on ne connaît encore ni l’ampleur, ni les conséquences. Dans ce contexte, il est impensable que le gouvernement s’engage dans de nouvelles hausses aussi importantes à court terme.»
– a ajouté Me Lafleur.

Les prévisions du secteur du commerce de détail pour la hausse de sa masse salariale pour 2009 sont de 2,2 %.

«Les détaillants sont conscients de l’importance d’offrir des hausses salariales raisonnables à leurs employés, d’autant plus dans une situation de rareté de la main-d’œuvre. L’ampleur de la hausse annoncée par le Premier ministre est toutefois démesurée et hasardeuse dans le contexte économique actuel et appréhendé»
– a conclu Me Lafleur.

À propos de CQCD

Le CQCD est la plus importante association représentant le secteur du commerce de détail au Québec depuis 30 ans. Son membership regroupe toutes les spécialisations du commerce de détail et des canaux de distribution, notamment les grands magasins, la grande distribution alimentaire, des boutiques spécialisées, des pharmacies, des quincailleries-rénovation, des concepts franchises, des succursalistes et détaillants indépendants ainsi que des partenaires commerciaux majeurs du secteur du commerce des biens et services. Le CQCD représente une industrie regroupant plus de 56 000 établissements commerciaux, plus de 500 000 emplois, soit près d’un travailleur sur cinq au Québec et plus de 89 milliards de dollars de ventes au détail en 2007.


Source :
Céline Ducharme
Conseil québécois du commerce de détail
(514) 842-6681, poste 200