Le commerce de détail : un secteur à… réinventer

Le CQCD a réagi vivement à un reportage du Journal de Montréal et du Journal de Québec affirmant que le commerce de détail était l’un des secteurs d’emploi à fuir… Voici notre lettre envoyée à leur direction en demandant une publication :

Dans votre édition de dimanche dernier, un reportage présentait « 25 emplois à fuir », et le secteur du commerce de détail – pourtant le plus important secteur d’employabilité privé au Québec – y était identifié.

Au nom de tous les détaillants au Québec, le Conseil québécois du commerce de détail s’inscrit en faux contre cette affirmation. Et voici deux principales raisons :

La PCU

La Prestation canadienne d’urgence (PCU) a eu un effet pervers sur toute l’activité du commerce de détail, notamment au Québec.

En effet : ce programme du gouvernement du Canada – qui a été conçu sans tenir compte de la réalité et des revendications des détaillants – a fait en sorte qu’un très grand nombre d’employés ont préféré rester à la maison ou ont refusé de travailler toutes les heures demandées par les détaillants pour ne pas perdre l’argent promis par le fédéral… Ceci a fait très mal aux détaillants, alors que les nouvelles règles sanitaires nécessitaient encore plus d’employés qu’auparavant !

Une pénurie de main-d’œuvre

Depuis plusieurs années au Québec, le secteur du commerce de détail se trouve en pénurie de main-d’œuvre. Et, plus que jamais, les défis de recrutement et de rétention de ressources humaines sont grands pour l’ensemble des détaillants.

Au cours des derniers mois, les relations entre les détaillants, les employés et la clientèle ont été très souvent solidifiées – souvent sous le signe de la solidarité – comme si, soudainement, les consommateurs avaient pris conscience de l’importance des commerces qui ont pignon sur rue ou dans les centres commerciaux.

Ceci pourrait inciter bien des gens de tous les âges – souhaitons-le – à offrir leurs services pour combler les besoins criants dans le commerce de détail.

… et l’avenir ?

Il est important de réaliser que le commerce de détail est un acteur incontournable de notre économie. Dans toutes les villes et villages du Québec, il fait vivre d’innombrables familles avec des postes à temps plein, permet à des retraités d’arrondir leurs fins de mois avec des postes à temps plein ou à temps partiel, et aux étudiants de payer leurs études. Ce sont aussi des milliers d’entrepreneurs locaux qui mettent leur temps et leur argent dans leur commerce pour bien servir la clientèle chaque jour.

Personne n’a de boule de cristal pour affirmer de quoi l’avenir sera fait précisément : quelle sera l’ampleur d’une deuxième vague de COVID-19 ? Quelles sont les habitudes de consommation qui seront maintenues et modifiées ? Etc.

CHAQUE VISITE DANS UN COMMERCE AU QUÉBEC, CHAQUE TRANSACTION SUR UN SITE QUÉBÉCOIS, CONTRIBUERA À LA SURVIE DE NOS COMMERCES, PETITS ET GRANDS. C’EST À PARTIR DE CETTE SURVIE QUE L’AVENIR POURRA ÊTRE ENVISAGÉ.

Les prochaines semaines et les prochains mois seront cruciaux à chaque porte qui accueille des Québécois venus acheter des biens de première nécessité ou des trucs qui réconfortent. C’est pourquoi chaque visite dans un commerce au Québec, chaque transaction sur un site québécois, contribuera à la survie de nos commerces, petits et plus grands. C’est à partir de cette survie que l’avenir pourra être envisagé.

Ainsi, loin de fuir le commerce de détail, il est dans l’intérêt des employés, tout autant que celui des consommateurs, que son avenir soit réinventé ! Et, pour cela, il faut lui donner les chances que ça survienne…

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Stéphane Drouin, Directeur général, Conseil québécois du commerce de détail (CQCD)